Tour de Bretagne : Jour 2

 

Jour 2 :

Départ de Saint-Cast-le-Guildo, en direction de Pléneuf-Val-André.

Distance parcourue : 32 km

Ce matin, je ne vois pas le Cap Frehel. Trop de brume au large. Je vise donc le Fort La Latte et j’aperçois un bout de continent au loin, très loin, sous la brume. Avec le vent et une houle de face, je me dis que ça ne vas pas être évident !

A l’instant où je dépasse le fort, j’aperçois le Cap Frehel : « ça y est, c’est gagné ! » Le Cap semble beaucoup plus près que prévu; alors j’explose de rire et de joie.

Je passe mes premières varennes, des creux d’un mètre très rapprochés. Puis, c’est le calme plat avec vent arrière. J’approche tranquillement la pointe et prends quelques photos. J’aperçois les premiers manchots qui volent au-dessus de moi, puis des colonies d’oiseaux. C’est grandiose, un immense théâtre survolé de centaines d’oiseaux, et autant de congénères au repos. C’est chaotique mais je me marre bien ! Pas de gros stress et beaucoup de kiff.

Je passe enfin le Cap et la changement de mesure. Je passe en downwind pur, j’en ai encore jamais fait d’aussi prononcé. Je suis dans des creux d’un mètre qui me poussent à l’arrière et un vent tout aussi prononcé. Le début se passe bien puis je sens que le paddle ne répond pas correctement, ou que ma technique est mauvaise. Alors je passe à genoux. Ça ne change rien à la sentence. Une vague me retourne avec le paddle. A ce moment-là, je pense surtout à tout mon matériel qui charge et que je n’ai pas pris la peine de sangler à l’intérieur de mes coffres. C’est l’occasion de tester l’étanchéité des coffres !

 

 

Sans le haut de la combi, les malheureux degrés de l’eau bretonne me saisissent. Un stress physique s’installe, en même temps que l’amputation mentale que je viens de prendre. Au moment de remonter à bord, l’habitacle est chargé d’eau et les secondes sont longues. Je m’empresse de remonter sans tout refaire chavirer, je récupère au passage mon sachet de fruits secs, j’enlève mon leash et remonte mon caisson étanche à bord avant de reprendre ma rame. Je pousse aussi fort que je suis con !

Dans mon esprit, ça travaille. J’ai fait une erreur qui aurait pu me coûter cher si quelque chose avait lâché. Je réfléchis à m’arrêter sur la première plage pour vérifier l’intérieur des coffres, mais le détour est trop long puis le paddle ne semble pas plus lourd. Je m’arrêterai sur une île un peu plus loin au milieu de deux rochers. Je constate que les joints ont bien tenu et que je peux repartir serein. Pour finir cette journée, ça roule tranquille jusqu’à Pléneuf-Val-André.

 

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